Accueil > À découvrir > Un passé prestigieux > Jean-Joseph de Laborde, banquier de la cour de Louis XV

Jean-Joseph de Laborde.

Jean-Joseph de Laborde banquier de la cour de Louis XV

 

Après la mort de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, le domaine revient en héritage à la petite fille de ce dernier Marie Chrétienne de Rouvroy de Saint-Simon de Ruffec, épouse de Charles-Maurice de Grimaldi de Monaco, comtesse de Valentinois. Elle vend le domaine le 21 juin 1764 à Jean-Joseph de Laborde qui entreprend la destruction de l'ancienne forteresse pour reconstruire en lieu et place l'actuel château en ruines.

 

Jean-Joseph de Laborde, fils de Jean-Pierre Laborde négociant en viandes et de Margueritte Aleman de Sainte Croix, est né le 27 janvier 1724 à Jaca en Espagne, centre important de négoce et première ville de la province d'Aragon. La famille était originaire de Bielle, dans la vallée d'Ossau en Béarn.

 

Dés l'âge de 10 ans, il est envoyé chez son cousin, Joseph de Laborde (ce dernier était à la tête d'une importante maison dont les relations avec l'Espagne n'étaient plus à démentir) à Bayonne où  il commence une carrière commerciale. En 1748, à l'âge de 24 ans, Jean-Joseph de Laborde succède à Joseph. Rapidement, il fait prospérer l'entreprise familiale et en 1750 se lance dans le commerce des piastres et devient correspondant de la Compagnie des Indes. Quelques années plus tard, on voit le jeune homme se jeter cette fois-ci dans le fret de ses propres navires, constitués entre autres de vingt bateaux de pêche qui navigueront en Amérique, aux Indes Orientales, aux Indes occidentales, en Guinée et auxquels ont doit ajouter deux baleiniers.

 

Le 25 novembre 1756, Monsieur de Laborde fait un pas de plus dans le cercle très fermé du pouvoir en achetant la charge de conseiller, secrétaire du roi, Maison, Couronne de France et de ses Finances, lui permettant de devenir ainsi l'un des principaux conseillers de la chancellerie près le parlement de Paris. Ses affaires étant de plus en plus prospères, et réussissant splendidement dans des dossiers d'une grande complexité, de Laborde avance désormais des fonds financiers pour la couronne de France. A l'âge de 31 ans, à peine 20 ans après ses débuts chez son cousin, le petit commerçant, entre désormais dans le monde fermé de la noblesse. Il portera désormais sur ses armes qui sont « d 'azur au chevron d'or », accompagné "en chef de deux roses et en pointe d'une gerbe » la devise « Ex parvo, multum » signifiant « Beaucoup vient de peu ».

 

En septembre 1758, Jean-Joseph de Laborde, après avoir longtemps hésité et sur la demande pressante du Cardinal de Bernis, de Messieurs de Tavernier de Boullongne et de La Ville quitte les Pyrénées (où il ne reviendra jamais) pour Paris qu'il préfère à Versailles. Quelque temps après son arrivée, le jeune homme remplacera à la fonction de Banquier de la cour de France Pâris de Montmartel qui officiait dans cette fonction depuis fort longtemps. Suite à la disgrâce du Cardinal de Bernis, Etienne-François de Stainville, duc de Choiseul, succède à ce dernier en devenant Ministre des Affaires Étrangères puis ministre de la Marine et de la Guerre et deviendra l'un des intimes de Jean-Joseph de Laborde. Cette amitié va permettre à de Laborde en plus des fonctions de Banquier de la Cour de devenir membre du Comité des Caisses et Fermier Général. Désormais les nombreuses fonctions cumulées par notre héros, vont lui permettre d'entrer dans le cercle fermé du Roi Louis XV voyant ainsi la naissance d'une confiance et d'une estime entre les deux hommes.

 

Le 9 septembre 1760, Jean-Joseph de Laborde épouse à Bruxelles, Rosalie-Claire de Nettine, fille de Mathias de Nettine et de Barbe Stoupy, alliance qui fut favorisée par Choiseul permettant ainsi au banquier de la cour et par la même occasion au Roi Louis XV de resserrer l'amitié entre les couronnes de France et d'Autriche.

 

De cette union sans nuages plusieurs enfants vont naître : François de Laborde de Méreville, Edmond de Laborde de Marchainville, Pauline de Laborde qui épousera Jean-François de Tenusse duc des Cars, Ange de Laborde de Boutervilliers, Alexandre marquis de Laborde qui épousera Thérèse de Sabartier de Cabre et enfin Natalie de Laborde qui épousera Charles de Noailles duc de Noailles et de Mouchy.

 

Le 21 juin 1764, Jean-Joseph de Laborde acquiert le domaine de La Ferté-Vidame. Il entreprend, sur les terres du duc de Saint-Simon, un chantier colossal, à savoir la destruction du château médiéval et la reconstruction d'un immense palais de style classique, le ré aménagement des jardins et des étangs, l'agrandissement du parc, la construction d'une faisanderie et de plusieurs fermes modèles sur ses terres ...

Afin de réaliser ces nombreux travaux, dont la pièce majeure est la construction d'un nouveau château, il fait appel à l'architecte Antoine Mathieu le Carpentier.

Durant les années qui suivent, de Laborde continue d'agrandir son domaine en achetant les seigneuries alentours : Maillebois, Mervilliers, Marchainville mais également de nombreux fiefs dont : Saint-Mesme, Saint-Sauveur, Chataincourt, Crucey, Digny, Louvigny, Mainterne, Prudemanche, Saint-Lubin, La Saucelle, Thimer...

 

En 1783, Louis XVI achète à son cousin, le duc de Bourbon-Penthièvre, le domaine de Rambouillet. Se trouvant démuni d'une demeure qu'il affectionnait, le petit fils de Louis XIV et de Mme de Montespan acquiert La Ferté-Vidame. De Laborde ne pouvant rien refuser au Roi et à sa famille, quitte les terres de La Ferté pour celle de Méreville. Il entreprend alors sur ses nouvelles terres beauceronnes un immense chantier et fera de ce lieu un véritable oasis en pleine Beauce.

 

10 ans après avoir quitté La Ferté-Vidame, le 7 novembre 1793, Jean-Joseph de Laborde est arrêté à Méreville par les révolutionnaires puis emprisonné au Palais du Luxembourg. Condamné par le tribunal révolutionnaire pour complicité dans des affaires de transferts de fonds à l'étranger, le 18 avril 1794, Jean-Joseph de Laborde meurt sur l'échafaud.