La famille de Saint-Simon
En 1632 Claude de Rouvroy, duc de Saint-Simon, Pair de France, Capitaine du Petit Bourbon, Capitaine des écuries du Roy, Conseiller du Roi en ses conseils, Grand Louvetier de France, Gouverneur de la forteresse de Blaye, Gouverneur de la forteresse de Senlis, Seigneur de La Ferté-Vidame, Seigneur de Boussard, Vidame de Chartres ... achète le domaine de La Ferté-Vidame à la Comtesse de Soissons.
La famille de Saint-Simon s'installe dans le château médiéval ayant appartenu à la famille de Vendôme. Claude de Rouvroy apportera peu de modifications à l'antique château, en revanche, il fait abattre l'ancienne église du village pour reconstruire sur son emplacement l'actuelle église Saint-Nicolas (de style baroque).
En 1675, le duc Claude a enfin un fils, Louis de Rouvroy. Ce dernier restera célèbre pour avoir écrit ses mémores dans sa "seule terre bâtie" de La Ferté-Vidame. Ce volumineux ouvrage (une des références littéraires de cette époque) retrace sans condescendance les fastes de la cour de Louis XIV et la première partie du règne de Louis XV. A la mort de son père, Louis de Rouvroy hérite des titres de noblesse et des possessions du duc Claude. Contrairement à son père, il fera de La Ferté-Vidame sa résidence privilégiée et se désintéressera d'une partie de ses autres possessions. C'est dans ce havre de paix, à proximité de Versailles que Louis plus que jamais s'intéresse à « l'actualité » de son époque.
A la mort de Louis XIV, Saint-Simon devient membre du cabinet de régence. En effet, le jeune Louis XV n'ayant pas encore atteint sa majorité, c'est un conseil de régence qui veille aux intérêts de ce dernier mais surtout aux intérêts de La France. Le conseil est présidé par Philippe II duc d'Orléans.
Lorsque Louis XV accède au pouvoir, nous aurions pu penser que Saint-Simon profiterait d'avoir été membre du conseil de régence afin d'obtenir quelques responsabilités. Ce ne fut pas le cas, et lorsque son ami Philippe d'Orléans meurt, Saint-Simon se retire des affaires pour gagner sa terre de La Ferté-Vidame.
Le 21 janvier 1743, Saint-Simon est frappé cruellement par la mort de son épouse Gabrielle de Durfort de Lorges. Le duc ne se remettra jamais de la perte de celle qu'il avait tant aimée. C'est un homme brisé qui décide que la dernière demeure de son épouse serait l'église Saint-Nicolas de La Ferté-Vidame. Saint-Simon fait ouvrir un caveau dans le bras droit de l'église, c'est dans ce même caveau quelques années plus tard (12 ans) qu'il sera lui-même inhumé. Durant six mois, Saint-Simon ne rouvre pas son manuscrit, lorsqu'il décide de se remettre à l'ouvrage, il trace en travers de la page une ligne de larmes qui marque de façon indélébile la cruelle perte qui vient de le frapper.
Faisant suite à la mort de la duchesse, un autre événement tragique va bouleverser Louis de Rouvroy, cette fois ci, la mort de son fils Monsieur de Ruffec. Dés cette époque, Saint-Simon doit également se battre contre ses nombreux créanciers (au nombre de 50). Le domaine n'est plus entretenu, sur les tableaux de l'époque on voit des murs qui se lézardent, des contreforts posés sur l'une des tours carrées.
Le 26 juin 1754, Saint-Simon convoque en son hôtel de la rue de Grenelle, à Paris, son notaire, et lui remet son testament « ... je veux de quelque lieu que je meurs, que mon corps soit apporté et inhumé dans le caveau de l'église paroissiale du dit lieu de La Ferté auprès de celuy de ma très chère épouse, et qu'il soit fait et mis anneaux, crochets et liens de fer qui attachent nos deux cercueils si étroitement ensemble et si bien rivés qu'il soit impossible de les séparer l'un de l'autre sans les briser tous deux ... »
Le 2 mars 1755 Louis de Rouvroy duc de Saint-Simon s'éteint en la paroisse de Saint-Sulpice à Paris : « L'an mil sept cent cinquante cinq, le deuxième jour du mois de mars est décédé en la paroisse Saint-Sulpice de Paris, à l'âge de quatre-vingts ans et un mois environ, le 2 mars de la présente année, après avoir reçu le sacrement de Pénitence et du saint Viatique du corps de N.S.J.C et de l'Extrême-Onction, ayant toujours donné pendant le cours de sa vie des marques de piété, de religion, de charité, et ayant toujours été le père des pauvres, même après sa mort, très haut et très puissant seigneur, monseigneur Louis, duc de Saint-Simon, pair de France, grand d'Espagne de la Ière classe, chevalier des ordres du Roi, grand bailli et gouverneur de Senlis, capitaine du Pont-Sainte-Maxence, seigneur de Vitresay, de Saint-Simon en Guyenne, gouverneur de Blaye, vidame de Chartres, marquis de Ruffec, comte de La Ferté-Vidame, de Beaussart et autres lieux, seigneur de cette paroisse, veuf de haute et puissante dame Marie-Gabrielle de Durfort de Lorge; son corps a été déposé en la paroisse de Saint-Sulpice, le 5 mars de la présente année, et a été apporté dans cette église par maître Claude-Désiré Lallement, aumônier du mondit seigneur le duc de Saint-Simon, et a été inhumé dans le choeur de cette paroisse ... ».
Pour en savoir plus concernant le duc de Saint-Simon : www.saint-simon-la-ferte-vidame.fr
