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Louis-Philippe Ier, Roi des Français

Louis-Philippe Ier Roi des Français

De Laborde décapité après les évènements de 1789, le château de La Ferté-Vidame dont le dernier propriétaire est le duc de Bourbon-Penthièvre (fils du Comte de Toulouse, petit fils de Louis XIV) est vendu comme bien national puis pillé.

 

Il faut attendre la Restauration (1815) et le retour des émigrés pour qu'enfin un propriétaire digne de ce nom soit en mesure de s'intéresser au domaine fertois. Louise Henriette Marie Adélaïde de Bourbon, fille du duc de Bourbon Penthièvre peut désormais revenir sur ses nombreuses terres dont celle de La Ferté-Vidame (suite à l'Ordonnance Royale du 20 août 1814 stipulant que tous les biens qui n'ont pas été vendus soient restitués à la duchesse d'Orléans). La duchesse douairière d'Orléans n'entreprendra aucun travaux dans sa demeure percheronne, bien au contraire, elle n'hésite pas à demander à Cramail, l'architecte de la Chapelle Royale de Dreux d'utiliser les pierres de tailles du château de Jean-Joseph de Laborde pour construire la nécropole de la famille d'Orléans, chantier qui sera terminé quelques années plus tard par son fils. Il faudra désormais attendre encore quelques années pour que des travaux soient envisagés à La Ferté-Vidame par Louis-Philippe Ier, fils aîné de la duchesse d'Orléans.

 

Louis-Philippe Ier, né Louis-Philippe d'Orléans le 6 octobre 1773 à Paris du mariage de Louise Adélaïde de Bourbon Penthièvre avec Louis-Philippe Joseph d'Orléans, duc d'Orléans, plus connu sous le nom de « Philippe Egalité » portera d'abord le titre de duc de Valois, jusqu'en 1785, puis ensuite le titre de duc de Chartres. En 1809, il épouse Marie Amélie de Bourbon princesse des Deux-Siciles, fille du Roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles.

 

Partisan de la Révolution Française, tout comme son père « Philippe Egalité », il quitte la France et passe en Autriche en 1793 puis quitte l'Europe pour les Etats-Unis.

Il rentre en France en 1814 après l'abdication de Napoléon Bonaparte et reçoit le titre de duc d'Orléans. Durant la Restauration, la popularité du nouveau duc d'Orléans va grandissant et c'est lors de la Révolution des « Trois Glorieuses » en 1830 qu'après l'abdication du Roi Charles X il accède au pouvoir en devenant « Roi des Français ». Surnommé le « Roi Bourgeois » par les monarchies européennes qui ne l'acceptent pas, il essaiera durant la première partie de son règne de vivre le plus modestement possible.

Suite à son retour en France, et avant qu'il n'accède au plus haut titre de l'état, le duc d'Orléans va se battre « comme un beau diable » afin de pouvoir récupérer une partie de la fortune des Orléans qui fut spoliée suite aux événements de 1789. De procédure en procédure il arrivera à obtenir un cinquième du fameux milliard des émigrés (autant dire la plus grosse partie).

 

A la mort de la duchesse douairière d'Orléans (au château d'Ivry le 23 juin 1821) des suites d'un cancer du sein, Louis-Philippe hérite de 19 930 000 livres. Les évènements de 1830 précipitant la chute de Charles X, Louis-Philippe duc d'Orléans devient Roi des Français. La Ferté-Vidame ne le sait peut être pas encore, mais le village va enfin trouver à la fois un nouveau bienfaiteur mais également un nouveau propriétaire pour le domaine du duc de Saint-Simon et de Jean-Joseph de Laborde.

Dès 1830 le nouveau monarque français entreprend des travaux sur ses terres percheronnes de La Ferté. Plusieurs budgets sont décidés pour l'entretien du parc (murs, pièces d'eau, fossés), réparation des écuries anglaises, couverture des communs du château (seul bâtiment restant de l'époque Saint-Simon avec l'église Saint-Nicolas) etc ...

En 1845, à l'occasion de la fête du Roi un budget est alloué pour la pose de fenêtres, rideaux et meubles dans le petit château. 1846, les travaux de couverture des communs sont achevés et c'est à cette époque que les fils de Louis-Philippe, le duc de Nemours, le prince de Joinville et le duc de Montpensier se rendent à La Ferté-Vidame.

 

Le 21 juin 1846, sa majesté en personne se rend à La Ferté. Laissons la plume des chroniqueurs de l'époque vous détailler la venue du monarque : «  Dimanche 31 mai 1846 : voyage du Roi à La Ferté-Vidame.

Sa Majesté, accompagnée de Monsieur le duc et Madame la duchesse de Nemours est arrivé dans notre ville jeudi dernier 21 mai à quatre heures de l'après-midi.

Le mauvais temps qui avait régné les jours précédents n'avait pas retardé les travaux entrepris pour la réception. Le ciel, d'accord avec nos voeux, s'est éclairci au moment où le Roi et les princes entraient sur le territoire de notre canton, et depuis il n'a cessé de rester pur et radieux.

La voiture du Roi, escortée par un détachement de cuirassiers, apparaît au fond de la belle avenue du boulevard de Trigalle ; le canon se fait entendre ; quelques secondes s'écoulent, et nous pouvons enfin contempler les traits augustes de Sa Majesté, qui s'arrête au milieu de nous et d'un concours immense de populations accourues de tous les environs et faisant retentir l'air des cris mille fois répétés de : Vive le Roi ! Sa majesté répond en saluant avec la plus gracieuse affabilité ...

... le Roi a visité avec Monsieur le duc de Nemours les ruines encore imposantes de l'ancien château : dans cette visite, Sa Majesté était accompagnée de Messieurs Fontaine et Lefranc, architectes ...

... On dit que le Roi a reconnu avec Monsieur Fontaine, son architecte, que la reconstruction du vieux château était une nécessité, et qu'en attendant, il a donné des ordres pour compléter les travaux du petit château et l'approprier pour la réception de notre auguste reine que nous espérons posséder au mois de septembre prochain ... ».

 

Les remises de Louis-PhilippeSuite à ce voyage de Louis-Philippe à La Ferté-Vidame plusieurs budgets seront alloués pour différents travaux en 1846 dont : aménagements et additions au petit château pour la construction de caves et d'un souterrain, la construction d'un hangar dans le parc à l'extrémité du passage souterrain, qui servira à des salles de service, la construction d'écuries et de remises, avec communs au-dessus (ces remises étaient situées sur l'actuel emplacement du C.A.T Simone de Fontanges, seul aujourd'hui reste le magnifique portail), l'aménagement des logements de l'inspecteur de la garde à cheval, du receveur, du garde général ...

Le 16 septembre 1846 la famille royale est en déplacement à La Ferté-Vidame, ils reviendront de nouveau en septembre 1847 puis les 9 et 11 novembre de la même année le duc de Nemours vient également en pays fertois.

 

Malheureusement les évènements se précipitent, le 22 février 1848 Louis-Philippe est renversé. De peur qu'il ne lui arrive les mêmes représailles qu'à Louis XVI, il quitte la France sous une fausse identité pour se rendre en Angleterre où il meurt deux ans plus tard le 26 août 1850. A nouveau La Ferté-Vidame sera vendue comme bien national.